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Madame, Mademoiselle, Monsieur,

J’ai le plaisir de vous accueillir sur mon site Internet.

Celui-ci se veut un lien de communication direct et le plus interactif possible entre vous et moi. Il me permettra de vous tenir informés de mon activité au Sénat.

Chaque mois, vous y trouverez un dossier thématique qui traitera de l’actualité parlementaire. Des fiches techniques sur tous les sujets qui peuvent intéresser les élus locaux et plus généralement tous ceux que passionne la chose publique seront également disponibles.

Je vous propose, si vous le souhaitez, de recevoir automatiquement la « lettre du Sénateur » qui sera publiée régulièrement. Pour cela, il vous suffit de nous donner votre adresse courriel.

Je souhaite également que vous puissiez me faire part de vos remarques et suis à votre entière disposition pour répondre à vos questions, interpeller l’administration ou les ministres sur les dossiers que vous voudrez bien me soumettre. La proximité entre les français et leurs élus contribuera peut-être à renouer le fil de la confiance qui s’est rompu depuis bientôt une dizaine d’années.

Notre pays traverse des moments difficiles. La situation économique n’est pas satisfaisante car la croissance n’est pas suffisante. Notre situation budgétaire, même si elle s‘améliore, est loin d’être redevenue saine. La France a plus de 1.000 milliards d’euros de dette et notre déficit budgétaire ne se réduit que très lentement. Il nous faudra encore du temps et des efforts prolongés pour redresser la barre. Cela ne pourra se faire qu’en menant à bien les réformes dont notre pays a un besoin absolu car rien ne serait pire que d’attendre, les bras croisés, en priant le ciel de nous épargner les conséquences des mutations en cours.

La Commission des finances du Sénat dont je fais partie auditionne depuis quelques semaines des chefs d’entreprises, des économistes, et des spécialistes de la mondialisation et des délocalisations. Il en ressort très clairement que ceux qui affirment aujourd’hui que nous pouvons continuer à travailler moins que les autres tout en dépensant plus pour l’éducation, la santé, la sécurité, etc…. vous trompent. La Chine est en train de devenir le géant qu’Alain Peyrefitte annonçait dans les années 70. L’Inde, avec près d’1 milliard d’habitants, explose également. Il serait illusoire de croire que ces pays se contenteront longtemps de n’attirer chez eux que les industries de masse que leur faible coût de main d’œuvre rend plus profitables en Asie qu’en Europe ou aux Etats-Unis. Déjà, nombre de sociétés délocalisent leurs services de recherche et développement. Que faisons-nous pour y faire face ?

Je crains que les français n’aient pas vraiment conscience de la situation.

Bien évidemment, il ne s’agit pas pour la France de se lancer dans une course au moins disant social pour rattraper, à la baisse, les coûts salariaux ridiculement bas des pays émergeants. Mais pour autant, nous ne pouvons pas nous payer le luxe de ne rien faire et il ne sert à rien de se lamenter sur notre sort. Il faut réagir et nous adapter à ce monde nouveau en attendant qu’un nouvel équilibre soit trouvé car, n’en doutons pas, les peuples d’Asie aspirent aussi à un accroissement de leur pouvoir d’achat et une amélioration de leurs conditions de vie. Mais quel paradoxe, que ce soit, entre autres, l’un des derniers pays communistes qui mettent ainsi à mal notre modèle social !

La France ne manque pas d’atouts mais il faut que les français prennent conscience que rien ne s’obtient sans effort. Il faut qu’ils comprennent également que seule l’Europe unie est de taille pour faire front à ce nouveau défi. Les 465 millions d’européens produisent aujourd’hui 25% de la richesse mondiale. Cela ne durera pas car notre poids relatif, à l’échelle du monde, va baisser. Mais pour autant, si nous savons nous adapter, nous pourrons aussi profiter des immenses marchés que sont la Chine, l’Inde et plus généralement l’Asie.

Consentir des efforts pour sauver notre modèle social, je suis certain que les français y sont prêts pour peu qu’on leur explique les enjeux et que les efforts soient équitablement répartis.

Parce qu’il s’agit de l’avenir de la France, nous ne pouvons pas céder aux sirènes de la facilité qui conduisent toujours au renoncement. Le Général de Gaulle disait : « Il ne faut jamais sacrifier le long terme pour régler les problèmes de l’instant ». En cela comme en beaucoup d’autres choses, il avait raison.

Philippe DALLIER

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