Alors que l’aérien est un des secteurs de transports qui connaît le plus de jours de grèves (63 jours en 2011, 176 jours en trois ans), et alors que la loi sur les transports terrestres de voyageurs a fait ses preuves depuis 2007, la majorité de Gauche du Sénat refuse pourtant d’envisager toute amélioration, et s’arcboute sur des positions visiblement dictées par les syndicats les plus durs.
La proposition de loi du député Eric Diard, déjà adoptée par l’Assemblée Nationale et débattue hier dans l’Hémicycle du Sénat, visait à imposer aux grévistes, sous peine de sanction, de se déclarer individuellement 48 heures avant chaque jour de grève, et aux employeurs, de faire des prévisions de trafic au plus tard 24 heures avant la perturbation.
Il ne s’agissait pas de créer un service minimum du transport aérien ! Le texte ne prévoyait pas de réquisition des personnels, inenvisageable dans un secteur très largement marqué par la logique concurrentielle.
Le texte ne portait pas non plus atteinte au droit de grève car l’exercice de celui-ci devenait simplement soumis à une obligation d’information préalable de l’employeur, information qui aurait été relayée auprès des passagers, suffisamment à l’avance pour que ceux-ci puissent s’organiser en conséquence.
En effet, et on l’a malheureusement encore constaté lors des dernières vacances de Noël, un mouvement de grève important et non anticipé peut engendrer des troubles à l’ordre public liés à la présence de très nombreux passagers en attente. Et que dire des nombreuses personnes qui ont vu leurs vacances « tomber à l’eau » à la dernière minute sans possibilité de remboursement ?
En déposant une nouvelle fois et en adoptant une « question préalable » pour rejeter le texte sans même en débattre, la majorité sénatoriale démontre qu’elle choisit la posture et non le fond sur les enjeux de société. Quel mépris pour les passagers des aéroports et ces pratiques de prise d’otages !
Comme l’a rappelé en séance le Ministre des Transports Thierry Mariani, « la situation n’est plus acceptable, la liberté des grévistes doit s’arrêter là ou commence celle des passagers ». En tout état de cause, l’Assemblée Nationale aura le dernier mot. Mais, d’ici là, notre pays donne une nouvelle fois une bien triste image…









