Au fil des siècles le paysage sera modelé par les petites exploitations qui jouxtent les grands domaines fonciers, le tout ponctué par des villages peu importants ou les châteaux des seigneurs. Seule Saint-Denis présente l’aspect d’une ville, Montreuil est un gros bourg. Cependant à l’instar des autres régions de France, la banlieue Est de Paris connaîtra les guerres, les crises, les famines. A de nombreuses reprises et notamment en 1792, la basilique de Saint-Denis sera incendiée et pillée. Au XIXè siècle en dépit des conflits et des batailles acharnées contre les envahisseurs successifs, la population décuple pour atteindre 300 000 habitants en 1901 et le territoire se dote d’un véritable réseau de communication (percement des canaux de l’Ourcq et de Saint-Denis, chemin de fer, etc…), vecteur du développement industriel.
C’est sur la tombe de Saint Denis, 1er évêque de Paris et martyr, que Sainte Geneviève fait bâtir une basilique au Vè siècle. Embellie par le roi Dagobert, cet édifice devenu abbaye s’affirmera comme l’un des plus riche du royaume. A partir de l’an 1137,l’église abbatiale sera reconstruite par l’abbé Suger et c’est l’architecte Pierre de Montreuil qui l’achèvera en 1281. Profanée et dévastée durant la Révolution Française (sa couverture en plomb sera même enlevée et fondue) c’est à Viollet-le-Duc qu’on lui doit son aspect actuel. De Clovis à Louis XVIII, presque tous les rois de France y trouveront une sépulture.
C’est ainsi qu’à l’aube du XXè siècle, l’on peut distinguer trois secteurs d’implantation :
forte urbanisation et existence d’industries lourdes et chimiques des communes limitrophes de Paris (Saint-Denis, Aubervilliers, Pantin…)
une zone qui demeure essentiellement rurale (cultures maraîchères, élevage mais également carrières et plâtreries) au nord et à l’est de l’actuel département
un secteur intermédiaire (centre et sud du territoire) où se mêlent activités traditionnelles et fabrications nouvelles et où l’habitat commence à se densifier.
La transformation du paysage s’accélèrera entre les deux guerres mondiales. Le territoire campagnard devient une banlieue, les lotissements ouvriers s’étendent dans des conditions générales d’hygiène et de viabilité malheureusement déplorables et la population (enrichie par l’immigration notamment italienne) augmente pour atteindre 800 000 habitants à la veille du second conflit mondial. Ce dernier touchera très fortement le territoire de l’actuel département : le camp de Drancy d’où seront déportés près de 100 000 prisonniers ou le fort de Romainville qui servit comme lieu de détention et d’exécution sont dans toutes les mémoires. Après la guerre, la région parisienne se relèvera lentement. Le secteur tertiaire se développe, un nouvel urbanisme, d’où émergent les "grands ensembles", redessine le territoire qui continue de voir sa population augmenter. Cependant ces évolutions, de nature multiple, vont vite trouver leurs limites dans les structures administratives de l’époque : deux départements, la Seine et la Seine et Oise avec Paris au centre. La nécessité de réorganiser la région parisienne débouchera sur la loi du 10 juillet 1964 qui crée six départements dont la Seine-Saint-Denis. A la tête de chacun d’eux sont nommés des préfets délégués qui, sous l’autorité du préfet de la Seine et du préfet de la Seine-et-Oise, mettaient en place dès 1965, les premiers éléments de structures administratives. Les conseillers généraux, élus en septembre-octobre 1967, votaient dès la fin de l’année les premiers budgets et le 1er janvier 1968, les nouveaux départements étaient dotés de l’essentiel de leurs moyens d’action (services administratifs, conseil général, budget, patrimoine) avec des préfets exerçant pleinement l’autorité attachée à leur fonction. Depuis le 1er octobre 1971, les attributions que conservait jusqu’alors le préfet de police de Paris sur le territoire des trois départements de la couronne ont été transférées aux préfets de ces départements. Mais le département n’est pas seulement une circonscription administrative, il constitue également une collectivité locale dont l’administration est confiée depuis le 24 mars 1982 au Président du Conseil Général.









