Le logement est, avec l’emploi et l’éducation, l’un des piliers de notre société. Reconnaître à chaque personne qui vit sur notre territoire le droit d’avoir un logement décent, c’est une composante forte de notre modèle social.
II) Petit rappel historique sur les politiques du logement en France
III) Les mesures en faveur du logement, depuis 2003
IV) Le projet de loi :"engagement national pour le logement"
V) Le petit lexique de la politique du logement
VI) Principales lois en faveur du logement.
Si le logement reste en France une compétence d’état pour des raisons de solidarité nationale, la mise en oeuvre de la politique repose sur de nombreux acteurs.
L’intervention de l’état répond à la fois aux besoins sociaux et à la volonté de régulation économique. Ainsi, en raison du rôle de l’industrie du bâtiment dans l’économie française (le logement représente le quart des investissements tous secteurs confondus), plus de la moitié des logements neufs ont été aidés par l’état au cours des 10 dernières années.
Les orientations des pouvoirs publics sont sous tendues par deux principes politiques généraux :
1) Permettre à chacun de vivre dans la dignité : c’est le sens profond de la notion de "droit au logement" qui a été inscrit dans la loi en 1989, comme un droit fondamental.
Le droit au logement c’est la possibilité d’accéder et de se maintenir dans un vrai logement. C’est le résultat d’un compromis entre trois objectifs contradictoires :
2) Offrir à tous une véritable liberté de choix en matière de logements, tant pour ce qui est du statut d’occupation que du type de logement et de localisation.
Ces deux orientations nécessitent une offre suffisante de logements :
Le financement du logement en France s’inscrit dans une longue tradition d’intervention de l’état qui inspire encore aujourd’hui les principaux mécanismes financiers en usage dans ce secteur.
Le financement public du logement est de la responsabilité de l’état. Celle-ci s’exerce de façon décentralisée et partagée avec les collectivités territoriales. Depuis 1988 les dotations fongibles globales sont déléguées aux préfets de région.
Les collectivités territoriales (région, département, commune) ont la maîtrise de l’urbanisme sur leur territoire et celle de leur politique locale. Les programmes locaux de l’habitat institués par la loi du 7 janvier 1983 bénéficient d’une place plus impoprtante dans le cadre de la loi d’orientation pour la ville. Ils sont à l’articulation de la planification urbaine, de l’action foncière, de l’urbanisme opérationnel et de la politique de l’habitat.
La crise du logement des classes populaires (et parfois des classes moyennes) est un problème récurrent depuis l’urbanisation qu’a connue la France à partir du milieu du 19ème siècle.
Les pouvoirs publics n’ont commencé à intervenir dans ce domaine que dans les années 1880, et encore avec une timidité certaine.
Les mesures prises avec la création des sociétés d’Habitation à Bon Marché destinées aux classes populaires et la mise en place d’aide à l’accession à la propriété sont restées tout à fait marginales jusque dans les années 1910. Cet effort a été interrompu par la Première Guerre Mondiale et tout au long de l’entre-deux-guerre, les incitations de l’état n’ont pas été suffisantes pour résorber le déficit d’offre de logement locatif à bon marché.
Cela a notamment conduit au phénomène dit des “lotissements défectueux” : de nombreux ménages, notamment en région parisienne, ont été poussés par l’absence de logement salubre à Paris à acquérir des lots de terrains en banlieue parisienne et à y construire des pavillons petit à petit. Ces pavillons se situaient dans des zones qui n’étaient pas reliées aux réseaux d’assainissement, d’électricité et où les routes n’étaient que des chemins de terre.
Ce n’est que devant l’ampleur du désastre que l’Etat et les collectivités locales se sont résolues à intervenir pour financer les équipements publics de ces zones en constante extension et pour subventionner la fin de la construction de ces pavillons à travers la loi Loucheur.
A la fin de la Deuxième Guerre Mondiale, la situation est donc dramatique : les destructions de logement qui résultent des bombardements viennent aggraver le manque de logement salubre dû à plusieurs décennies pendant lesquelles l’investissement immobilier a été très limité. Une famille sur trois vit alors en situation de surpeuplement, et l’urgence de la construction est accrue par la reprise démographique.
L’amélioration nécessaire est aussi qualitative : en 1946, seul un logement sur 5 possède des WC, 37% seulement ont l’eau courante et 6% possèdent une baignoire ou une douche.
Durant les « Trente Glorieuses » a été opérée une production considérable de logements et d’équipements collectifs. Cette urbanisation rapide a été menée par le biais de dispositifs convergents d’encadrement étatique sous la férule du ministère de la Construction et de ses puissantes directions départementales, les investissements étant financés directement par l’Etat ou bien subventionnés dans le cadre de la planification quinquennale et soumis, de ce fait, à une programmation stricte ainsi qu’à une forte normalisation technique.
Cependant, au moment où l’essor économique s’efface au milieu des années soixante-dix, force est de constater, en dépit de leur construction récente, l’usure matérielle des grands ensembles en même temps que leur dégradation sociale. Tandis que les classes moyennes, pour lesquelles ils avaient été édifiés, commencent à les quitter pour se diriger vers l’accession bon marché à la propriété, on y observe, en effet, une tendance à la concentration des populations marginalisées, fragilisées par la récession et le chômage grandissant.
Plusieurs initiatives sont alors prises dans le but de réhabiliter ces quartiers périphériques vieillissants et de prévenir la dérive sociale qui s’y développe. Comme, depuis la crise de mai 1968, la réforme de l’action publique, et spécialement celle des modalités de concertation, est engagée, on recourt pour ce faire à des formules moins centralisées et codifiées en empruntant un registre nouveau, celui du conventionnement.
Le groupe de réflexion “Habitat et vie sociale” (HVS), que l’on considère aujourd’hui comme le prélude des politiques ultérieures de développement social urbain, est créé en juin 1973. Il rassemble, à l’instigation de Robert Lion, directeur de la construction, des hauts fonctionnaires aussi bien du ministère de l’Equipement que de l’action sociale ou du secrétariat à la Jeunesse. Cette structure, constituée pour l’amélioration des relations sociales dans les ensembles collectifs, n’est transformée que plus tard, par l’arrêté du 3 mars 1977, en une instance interministérielle.
Après l’instauration, en août 1976, du Fonds d’aménagement urbain (FAU), destiné à appuyer financièrement l’aménagement des centres des villes et de leurs quartiers, Jacques Barrot, nommé secrétaire d’Etat au logement, en 1977, dans le gouvernement de Raymond Barre, installe le premier " plan banlieue ".
A partir de cette période, la politique gouvernementale préfèrera à l’aide à la pierre (qualifiée par certains de « dévoreuse de budget ») une aide à la personne (à travers l’APL), avec pour présupposé qu’avec la croissance, de nombreuses familles sortiront rapidement du système d’aides.
Cette réforme de 1977 est le point de départ du désengagement financier de l’Etat.Le prêt locatif aidé le “PLA”, est en outre mis en place dans le même temps. Il permettra à de nombreux ménages d’allier l’aide à la pierre, à l’aide à la personne.
Ce premier "plan banlieue" se déploie, dans le cadre du programme d’action prioritaire PAP 21 du VIIème plan, au travers des conventions "Habitat et vie sociale" qui envisagent des coengagements de l’Etat, des collectivités locales et des organismes de logement social pour des opérations de restauration immobilière touchant les logements ainsi que les espaces publics et les équipements collectifs.
Les études faites au cours de ce plan, durant la période 1977-1980, concernent 53 sites et les mesures effectives 39 ensembles comprenant de 350 à 1.800 logements choisis essentiellement en périphérie urbaine.
Ces réalisations restent donc modestes en comparaison de celles visant à la rénovation des quartiers centraux des villes, plus anciens, entreprises dans le cadre des opérations programmées d’amélioration de l’habitat (OPAH).
A partir de 1980, le groupe HVS est intégré dans le FAU mais la procédure d’action subsiste, laissant davantage de place à l’initiative des communes et des départements, jusqu’aux plans des années 1982-1983.
Les incidents violents survenus, en juillet 1981, dans le quartier des Minguettes à Vénissieux soulèvent un émoi considérable. Ils contribuent, le changement politique de 1981 aidant, à un réexamen de la stratégie et à l’intensification du mouvement esquissé jusqu’alors tandis que l’approche contractuelle prend à ce moment un tour plus explicite et systématique.
Le Premier ministre, Pierre Mauroy, annonce, le 28 octobre 1981, aux Assises de l’Union nationale des fédérations d’organismes d’habitation à loyer modéré, la création d’une Commission nationale pour le développement social des quartiers (CNDSQ), chargée de traiter les questions relatives à l’habitat social.
De son côté, Alain Savary, ministre de l’Education nationale, détermine, à partir de 1982, des zones d’éducation prioritaires (ZEP) qui reçoivent des moyens supplémentaires dans le but de surmonter les handicaps scolaires des enfants résidant dans les quartiers en difficulté.
Surtout, une réflexion d’ensemble est lancée avec la tenue d’Etats généraux de la ville et la mission confiée à Hubert Dubedout, maire de Grenoble, qui remet, en 1983, son rapport : Ensemble, refaire la ville.
Un programme de " développement social des quartiers " est défini et se base sur la réhabilitation des grands ensembles dans les 23 quartiers prioritaires repérés par la CNDSQ. Sa conduite est centrée sur une relation entre l’Etat et la commune intéressée ; elle prévoit un débat relatif aux objectifs et moyens avec les populations concernées ainsi qu’un suivi concerté de la réalisation.
L’ambition ne s’attache donc plus seulement au réaménagement du cadre bâti mais inclut une dimension socio-économique, visant au rétablissement, là où localement elles se dégradent, des conditions de vie dont bénéficie, ailleurs, tout citoyen ordinaire.
En novembre 1983, la mission Banlieues 89 est créée sous la direction de deux architectes, Roland Castro et Michel Cantal-Dupart avec l’idée que l’esthétique ne doit pas être absente des banlieues, même les plus pauvres. Des contrats Banlieues 89 sont signés entre les communes et l’Etat pour des projets (une centaine au total) portant sur le désenclavement des banlieues, en particulier par l’aménagement d’espaces publics et le décloisonnement des quartiers dans la ville.
Ces diverses filières consacrées à la rénovation urbaine ou à la lutte contre l’insécurité se conjuguent avec d’autres plus ciblées initiées par divers ministères (lutte contre la toxicomanie, politiques d’insertion, de soutien aux familles, d’emploi ou de développement local).
A partir de 1984, en raison des transferts de compétences consacrés par la décentralisation, les régions sont dorénavant incontournables et ont à concourir aux interventions DSQ. Dès lors, le contrat devient un instrument fondamental : il manifeste le souci de partenariat, d’engagement réciproque ainsi que la volonté d’inscrire le déroulement des initiatives dans un temps déterminé.
Des contrats de plan Etat-région (CPER) sont conclus dans lesquels est intégré le développement social des quartiers pour 130 sites. Un comité interministériel pour les villes (CIV), organe transversal voué à pallier la segmentation administrative traditionnelle, et un Fonds social urbain (FSU) voient le jour en juin 1984 dans la ligne des orientations du IXème plan (1984-1988) en liaison avec le programme prioritaire d’exécution intitulé " Mieux vivre dans la ville ".
Afin de prolonger durablement les améliorations apportées aux ensembles architecturaux, la constitution de régies de quartier est encouragée pour gérer les espaces publics résidentiels, apporter des services de proximité et promouvoir un petit commerce local indispensable à la vie des quartiers.
Mais dans les faits, le mouvement de retrait de l’Etat de la politique publique du logement social se poursuit tout au long des années 80 et ce jusqu’au milieu des années 90. Les bailleurs sociaux n’ont d’autre choix que de se tourner vers les collectivités locales pour trouver des sources de financement. Le taux de subvention publique pour la construction neuve passe alors de 20% à 12 %. Les aides à la pierre financées par l’Etat passent de 43 milliards de francs en 1978 à 28 milliards en 1993.
Or ce désengagement est en décalage total avec le nouveau cycle économique qui s’engage : montée ininterrompue du chômage, taux d’intérêts élevés, baisse de l’inflation et fort ralentissement de la croissance. Ce n’est pas le moment idéal pour tabler sur l’accession à la propriété. Conséquence : on enregistre une explosion de l’APL dans le budget de l’état, passant de 20 milliards de francs en 1978 à 60 milliards en 1993. En même temps, on enregistre une chute considérable du nombre de HLM construits par an. Au cours des 20 dernières années, le nombre de HLM construits se situe aux alentours de 50 000 par an, contre 300 000 au moment fort de la construction.
Plusieurs facteurs aggravent les conséquences de ce désengagement : sélectivité croissante des bailleurs sociaux à l’égard de leurs postulants locataires ; le droit de réservation du préfet devient résiduel ; le patrimoine social régi par la loi de 1948 et accessible aux ménages peu solvables disparaît progressivement (chambres d’hôtel, meublés)
La réforme de l’accession à la propriété aidée a consisté à supprimer un certain nombre de dispositions existantes et à mettre en place un prêt à taux zéro assorti d’un système de sécurisation des emprunteurs.
En remplacement des « Prêts à l’accession à la propriété » (PAP) et les avantages fiscaux qui y étaient associés, ce nouveau prêt à taux zéro n’est pas cumulable avec la réduction d’impôts pour intérêts d’emprunts. En revanche cette nouvelle aide est cumulable, pour les ménages modestes avec les aides à la personne réservées aux accédants à la propriété (Allocation de logement ou Aide personnalisée au logement).
Cette nouvelle aide est destinée aux ménages qui achètent, à titre de résidence principale, un logement neuf ou un logement ancien nécessitant un minimum de travaux (35% du montant de l’opération et à titre temporaire en 1996, 20%) et qui disposent d’un revenu inférieur à un plafond. Ce plafond dépend de la taille de la famille et de la zone géographique.
Les prêts à taux zéro sont distribués par les établissements de crédit ayant passé une convention avec l’Etat. C’est un changement par rapport aux PAP, dont la distribution était assurée exclusivement par le Crédit Foncier de France et les SACI (Sociétés Anonymes de Crédits Immobilier). La Société de Gestion du Fonds de Garantie de l’Accession Sociale assure les relations financières entre l’état et les établissements de crédits. Le nombre d’aides n’est pas limitée, contrairement aux PAP qui étaient contingentés.
Le logement locatif social a connu des évolutions successives : il est dorénavant considéré comme un bien de première nécessité et bénéficie en conséquence du taux de TVA réduit à savoir 5,5% au lieu de 20,6% et ce pour la construction neuve (depuis le 1er octobre 1996) et pour la réhabilitation des logements du parc existant (depuis le 1er octobre 1997). Ce taux de TVA s’applique également depuis le 1er octobre 1999 aux travaux effectués par des particuliers sur leur logement.
Le Prêt locatif à usage social (PLUS)
En Septembre 1999, le PLA (dont les caractéristiques financières étaient devenues peu intéressantes) est remplacé par le PLUS (Prêt locatif à usage social). Il s’agit de relancer la construction de logements locatifs sociaux par la création d’un produit unique et simplifié.
Un des objectifs de cette réforme est de favoriser la mixité sociale en permettant à des catégories de ménages ayant des revenus divers d’accéder à ce logement :
En conséquence, 75% de la population peut prétendre à ce logement.
Afin de développer l’offre locative privée, il est établi le statut du "bailleur privé". Après des modifications et réajustements législatifs successifs (1982, 1986, 1989) il semble qu’aujourd’hui un équilibre, qui apparaît satisfaisant, ait été trouvé entre l’application des règles du marché et la nécessaire protection des locataires.
Pour que ce secteur reste actif, il faut lui assurer une rentabilité minimum. Le régime d’amortissement accéléré mis en place en 1996, modifié le 1er janvier 1999, favorise la mise sur le marché de logements locatifs à loyers réglementés, permettant l’accès des ménages, au revenu faible ou moyen.
Le dispositif du bailleur privé comporte, dans le neuf, des similitudes avec le régime précédent car l’avantage fiscal consiste en une déduction dégressive sur le revenu foncier d’une fraction de l’investissement.
Pour la location de logements anciens : l’avantage fiscal prend la forme d’un supplément de déduction forfaitaire pour les revenus fonciers. Mais le bénéfice de l’avantage est réservé exclusivement à usage d’habitation principale du locataire (il n’est pas possible de louer à titre de résidence secondaire). Le loyer et les ressources du locataire doivent être inférieurs à certains plafonds.
En complément des dispositifs d’actions existant pour favoriser le logement des plus démunis le Parlement français a voté une loi (n°98-657 du 29 juillet 1998) d’orientation relative à la lutte contre les exclusions.
Son objectif, est de mieux garantir le droit au logement :
Elle traite de l’accroissement de l’offre de logement en facilitant par des mesures techniques la construction, en luttant contre la vacance, par la création d’une taxe, et améliore les conditions de réquisitions des logements vacants.
Elle réforme le régime de l’attribution des logements locatifs sociaux en instaurant un numéro d’enregistrement départemental garantissant la transparence des attributions.
La loi relative à la solidarité et au renouvellement urbains, dite loi SRU, a été votée le 13 décembre 2000. Il s’agit de rendre les politiques urbaines plus cohérentes, de favoriser les mécanismes de solidarité dans les villes et d’intégrer les politiques de déplacements dans le cadre du développement durable.
Le 2 juillet 2003 est votée la loi "Urbanisme et habitat" : cette loi réforme le Code de l’urbanisme par des mesures de simplification destinées à libérer du foncier pour construire davantage de logements et met en place un dispositif fiscal en faveur des investisseurs.
Le 1er août 2003, la loi d’orientation et de programmation pour la ville et la rénovation urbaine présentée par Jean-Louis Borloo, ministre délégué à la Ville et à la Rénovation urbaine est définitivement adoptée : elle définit les modalités d’intervention de l’Etat dans les zones urbaines sensibles. Le volet architectural de ce programme prévoit ainsi la construction de 200 000 logements sociaux sur cinq ans.
Dans le cadre de l’orientation fixée par le Président de la République en faveur de l’accession sociale à la propriété le Premier Ministre a annoncé le 4 février 2004 "Un plan de bataille pour lutter contre l’insalubrité sur l’ensemble du territoire".
Nicolas Sarkozy, ministre d’Etat, ministre de l’Economie des Finances et de l’Industrie, Jean-Louis Borloo, ministre de l’Emploi du Travail et de la Cohésion sociale et Marc-Philippe Daubresse, secrétaire d’Etat au Logement annonçaient le 9 juin 2004 deux nouvelles mesures en faveur du logement social avec le concours de la Caisse des dépôts :
Le 7 juillet 2004, Marc Philippe Daubresse, Secrétaire d’Etat au Logement présenta en Conseil des Ministres les principales mesures prévues pour donner un contenu effectif au droit au logement pour les plus démunis.
Signature de la convention entre l’Etat et l’Union sociale pour l’Habitat pour la mise en oeuvre du volet logement du plan de cohésion sociale le 21 décembre 2004.
Le 18 janvier 2005 est adoptée la loi n° 2005-32 de programmation pour la cohésion sociale, dite « loi Borloo ». Cette dernière repose sur 3 piliers :
Dans le cadre du volet logement du Plan de Cohésion Sociale, des objectifs très volontaires ont été fixés. Trois programmes ont été élaborés par Jean-Louis BORLOO pour :
Enfin, retenons que le texte projet de loi « engagement national pour le logement » de Jean Louis Borloo, a été adopté, samedi 26 novembre 2005.
Ce texte vise à "amplifier les efforts déjà entrepris dans le cadre du plan de cohésion sociale". Il est le volet législatif du "pacte national pour le logement qui vise à mieux financer les opérations nouvelles, à mobiliser la ressource foncière et à intervenir sur l’ensemble de la chaîne du logement".
Sur les douze derniers mois, ce sont 391 251 mises en chantier qui furent lancées et 400 000 attendues pour la fin de l’année.
Ce chiffre est à comparer aux 270 000 en moyenne sur la décennie précédente et aux 308 000 de 2002 !
Les chiffres l’attestent :
Les causes sont analysées :
un déséquilibre persistant entre l’offre et la demande, des retards accumulés au fil des ans au niveau de la construction et une anticipation difficile des évolutions liées aux modes de vie
La France fait face à une véritable crise du logement qui s’explique par le niveau de construction très faible des dernières décénnies par rapport aux besoins. Un niveau d’autant plus insuffisant que l’augmentation de la demande de logement, liée à l’évolution des modes de vie, a été insuffisamment anticipée. Cette crise touche de nombreuses régions et toutes les grandes agglomérations. Elle frappe avant tout les ménages à revenus modestes ou moyens. Face à cette crise, le gouvernement n’est pas resté inactif.
I) La loi n°2003-590 du 2 juillet 2003 urbanisme et habitat « Les dispositions Robien »
Les dispositions Robien en faveur du logement locatif neuf, appliquées à l’ancien, aux locations déléguées et aux SCPI(Société Civile de Placement Immobilier).
Avec cette loi, les mesures en faveur du logement locatif neuf - augmentation des plafonds de loyers et suppression des plafonds de ressources des locataires - sont élargies notamment au logement locatif ancien, en cas d’acquisition suivie d’une réhabilitation conséquente.
Le dispositif global en faveur de l’investissement locatif, ainsi complété, visait à encourager le plus grand nombre de français à investir dans le logement locatif afin de :
L’amortissement fiscal est appliqué aux acquisitions d’un logement ancien, si elles sont suivies d’une réhabilitation conséquente. Cette aide encourage la remise sur le marché locatif de logements anciens dégradés ne correspondant pas aux normes de décence prévues par la loi Solidarité et Renouvellement Urbain.
Une réhabilitation conséquente, attestée par des professionnels, permet de profiter du même avantage fiscal qu’en investissant dans un logement neuf.
Extension aux locations déléguées.
Afin de permettre à des bailleurs de déléguer la gestion locative de leur logement, le nouveau dispositif s’applique aux locations nues, consenties à un organisme public ou privé qui le donne en sous-location. Des prestations hôtelières ou para-hôtelières peuvent être fournies par une filiale de la société qui prend à bail le logement. Cette mesure permet de développer une offre nouvelle en particulier de résidences pour étudiants et de résidences pour personnes âgées.
L’investissement dans les SCPI éligibles à l’amortissement. L’amortissement est calculé sur 95% du montant total de la souscription. De plus celui-ci courre dès la date de la souscription, sans qu’il soit nécessaire d’attendre la mise en location des logements correspondants pour bénéficier de l’avantage fiscal. Ces dispositions, comme celles qui ont été définies le 3 avril, s’appliquent aux acquisitions réalisées depuis le 3 avril 2003.
II) Loi n°2003-710 du 1er août 2003 d’orientation et de programmation pour la ville et la rénovation urbaine, dite « loi Borloo ».
Cette loi présentée par Jean-Louis Borloo, ministre délégué à la Ville et à la Rénovation urbaine définit les modalités d’intervention de l’Etat dans les zones urbaines sensibles. Le volet architectural de ce programme prévoit ainsi la construction de 200 000 logements sociaux sur cinq ans.
Quant au programme national de rénovation urbaine, lui aussi défini par la loi du 1er août 2003, il fournit des moyens inégalés, pour la création de 250 000 nouveaux logements locatifs sociaux et la réhabilitation de 400 000 autres.
Ce programme exceptionnel de 32 milliards d’euros sur 8 ans sera financé par l’Etat aux côtés des autres acteurs du logement. Les résultats de cette mobilisation sans précédent sont aujourd’hui tangibles : plus de 233 quartiers, où résident près d’un million d’habitants sont déjà bénéficiaires du dispositif géré par l’Agence nationale de la rénovation urbaine (ANRU) en 2005.
Cependant, le retard en matière de construction est tellement important, qu’il faut aujourd’hui amplifier encore les moyens. C’est l’objectif du projet de loi « d’engagement national pour le logement » qu’a présenté Jean-Louis Borloo au conseil des ministres du 26 octobre.
III) Loi n° 2005-32 du 18 janvier 2005 de programmation pour la cohésion sociale
La loi sur la cohésion sociale a été promulguée le 18 janvier 2005. Elle repose sur 3 piliers :
Dans le cadre du volet logement du Plan de Cohésion Sociale, des objectifs très volontaires ont été fixés. Trois programmes ont été élaborés par Jean-Louis BORLOO pour rattraper les retards en matière de logement locatif social (programme 12), mobiliser le parc privé (programme 13), renforcer l’accueil et l’hébergement d’urgence (programme14). D’autres actions ont été conduites en faveur de l’investissement locatif, l’accession à la propriété et la rénovation urbaine.
En 2005, environ 400 000 logements sont mis en chantier, un niveau de production de logements qui n’a jamais été aussi élevé depuis 20 ans.
75.000 logements sociaux locatifs ont été financés en 2004 contre 42.000 seulement en 2000. L’objectif sur les cinq ans du plan de cohésion sociale est de 500 000 logements en 5 ans.
Le plan de cohésion sociale prévoit aussi de doubler le nombre de nouveaux logements privés à loyers maîtrisés : 40 000 par an au lieu de 20 000 et de doubler aussi le nombre de logements vacants remis sur le marché grâce aux aides de l’ANAH : 20 000 au lieu de 10 000. Par ailleurs, les crédits de l’ANAH permettront d’intensifier la lutte contre l’habitat insalubre.
Le nouveau Prêt à Zéro % qui favorise l’accession sociale à la propriété rencontre un grand succès puisque 20 000 prêts par mois sont distribués depuis son lancement en février 2005. Trois fois plus de ménages qu’en 2004, disposant de ressources modestes et aidés par l’Etat, peuvent ainsi aujourd’hui acquérir un logement.
Moins de 12 mois après la tenue de son premier conseil d’administration, l’ANRU a déjà validé pour près de 15 milliards d’euros de travaux. 230 quartiers, où résident près d’un million et demi d’habitants sont déjà bénéficiaires du dispositif qui engage, en matière de logement : plus de 57 000 constructions, 110 000 réhabilitations, plus de 110 000 résidentialisations. Au total, le programme représente 35 milliards d’Euros de travaux.
16 conventions de délégations de compétences avec de grandes agglomérations ou des départements dont Paris ont déjà été signées en 2005 (560 millions d’euros par l’Etat). Pour 2006, une centaine de délégations de compétences sont déjà prévues.
Sur l’hébergement d’urgence, le plan de cohésion sociale prévoit de porter à 100 000 places la capacité globale. Pour l’hébergement spécifique des demandeurs d’asile, le nombre qui était de 6.040 fin 2001 sera d’ici 2007 de 21.500. Déjà 2 882 places supplémentaires ont été créées ces six derniers mois. Le dispositif est en cours de montée en charge.
Enfin, trois mesures très importantes concernant le logement ont été votées dans le cadre de la loi des services à la personne (26 juillet 2005) :
Le plan d’action adopté vise à :
Par ailleurs, les drames humains de cet été ont révélé de manière criante l’urgence du problème de l’habitat insalubre. Le gouvernement renforce donc sa lutte contre le mal-logement et met tout en oeuvre pour éradiquer l’habitat insalubre ou dangereux.
La mise en oeuvre immédiate de ce plan implique :
Sur 5 ans, le Plan de cohésion sociale prévoit la réalisation de 500 000 logements locatifs dans le secteur social, soit un doublement du niveau de l’année 2000 ; le conventionnement de 200 000 logements à loyers maîtrisés et la remise sur le marché de 100 000 logements vacants grâce aux aides de l’Agence nationale pour l’amélioration de l’habitat (ANAH) dans le parc privé.
IV) Projet de loi « engagement national pour le logement »
Au terme d’une semaine d’examen, le Sénat a adopté, samedi 26 novembre 2005, ce projet de loi avec de "considérables enrichissements". Il devrait en résulter dans les prochaines années, la mise sur le marché de plusieurs centaines de milliers de logements, dont de nombreux logements sociaux. Ce dernier complète et renforce les actions déjà entreprises dans le plan de cohésion sociale. Il mobilisera tous les acteurs du logement autour de six priorités :
- Relancer le foncier et la construction
Relancer le foncier et la construction
Faciliter la libération par les communes de terrains à construire
En Ile-de-France : la libération de terrains est en marche.
C’est avec un nom magistral : "Engagement national pour le logement" et un noble objectif : "Sortir notre pays de la grave crise (…) qu’il traverse." que le ministre de la cohésion sociale Jean-Louis Borloo, a présenté en conseil des ministres le mercredi 26 octobre, un projet de loi qui rassemble des mesures "fortes et urgentes" pour résorber la pénurie de l’offre locative.
Ce texte, que les sénateurs examinent en première lecture depuis le 21 novembre 2005, après avis de la commission des Affaires économiques et de son Rpporteur Monsieur Dominique BRAYE, renforce le projet de loi "Habitat pour tous", dont les bases avaient été jetées dès 2003 par le ministre du logement de l’époque, Gilles de Robien.
Cependant, si nous nous réjouissons de cette nouvelle avancée qui est à la fois un complément des dispositions relatives au logement du plan de cohésion sociale et le volet législatif du Pacte national pour le logement, nous ne pouvons que regretter que ce projet de loi, tant attendu, ne prenne pas en compte le désarroi des communes et de ses maires qui ne disposent pas des 20 % de logements locatifs sociaux imposés par l’article 55 de la loi SRU, en raison d’un réel manque de terrains disponibles et constructibles, dans ces communes.
Ce texte vise donc à "amplifier les efforts déjà entrepris dans le cadre du plan de cohésion sociale". Il est le volet législatif du "pacte national pour le logement qui vise à mieux financer les opérations nouvelles, à mobiliser la ressource foncière et à intervenir sur l’ensemble de la chaîne du logement".
Sur les douze derniers mois, c’est 391 251 mises en chantier qui sont lancées et 400 000 attendu pour la fin d’année. Ce chiffre est à comparer aux 270 000 en moyenne sur la décennie précédente et aux 308 000 de 2002 !
Concernant le logement social, après l’effondrement de 1996 : 59 000 logements et de l’année 2000 : seulement 40 000 logements ; c’est 75 000 logements sociaux qui sont financés cette année.
Le Volet logement du Plan de Cohésion Sociale, a prévu le financement nécessaire pour passer progressivement à 100 000 logements sociaux ces prochaines années, sans oublier les 40 000 logements conventionnés dans le parc privé.
C’est une inflexion historique de mise en chantier. Auquel il convient de rajouter les 477 995 Permis de construire sur 12 mois et le triplement des bénéficiaires du Prêt à Zéro % qui atteignent aujourd’hui les 20 000 prêts par mois.
Le pacte National pour le Logement a pour ambition d’amplifier encore ce mouvement pour sortir de cette crise. Il comprend des mesures financières, législatives, fiscales, réglementaires, des actions directes de l’Etat.
Un projet de loi attendu qui s’inscrit dans le cadre d’une action plus large
C’est depuis 3 ans que ce texte est en préparation, une version ayant circulée lorsque M. de Robien était ministre, une autre lorsque M. Daubresse l’était.
La version actuelle est un texte plus « resserré », qui, en particulier, n’aborde pas des sujets précédemment envisagés, tels la réforme des logements de la loi de 48, l’article 55 de la loi SRU sur les obligations des communes en matière de logement social, la vente à la découpe , la sécurité juridique des constructions, l’acquisition sociale à la propriété, les logements vacants , le diagnostic sur les installations électriques .
Mais, il faut restituer le présent texte dans un contexte plus large témoignant de la mobilisation des gouvernements de notre majorité depuis 2002 en faveur du logement.
D’abord, la loi programme de rénovation urbaine de 2003 permet de réhabiliter des logements dans les quartiers en difficulté.
La loi de cohésion sociale de 2005 a fixé l’objectif de produire 500 000 logements locatifs sociaux en 5 ans, de conventionner 200 000 habitations à loyers maîtrisés et de remettre sur le marché 100 000 logements vacants. A cet égard, le présent projet de loi peut être appréhendé comme un complément et une amplification des efforts engagés dans le Plan de cohésion sociale.
La loi sur les services à la personne a instauré un mécanisme pour lutter contre les loyers impayés et a réformé, à compter du 1er juillet 2006, l’indice de la construction servant de base à la révision des loyers qui est remplacé par un nouvel indice de référence des loyers intégrant l’évolution de l’indice des prix à la consommation afin de préserver le pouvoir d’achat des locataires.
Il faut également lire ce texte en regard de la loi de finances pour 2006. Ainsi, en particulier, a été adopté par l’Assemblée nationale un amendement qui étend le prêt à taux zéro aux foyers bénéficiant au maximum de 62 500 euros annuels (au lieu de 38 690) afin de développer l’accession à la propriété.
Les principales dispositions du projet de loi "Engagement national pour le logement
Les principaux points du projet de loi "Engagement national pour le logement" présenté par Jean-Louis Borloo sont les suivants :
I) Mobilisation de la ressource foncière pour la réalisation de logements
Le projet de loi prévoit une simplification des procédures de mise en vente et un renforcement de sa capacité d’initiative pour y faire réaliser des projets :
II) Développer l’accession à la propriété
Le Gouvernement entend par ailleurs poursuivre son action en faveur de l’accession à la propriété. Le projet de loi propose :
III) Renforcer l’accès de tous à un logement
Enfin, le projet de loi vise à renforcer l’accès de tous à un logement, en favorisant l’attribution de logements sociaux aux personnes qui sortent de dispositifs d’hébergement d’urgence ou qui reprennent une activité après un chômage de longue durée, en :
Face à l’importance des enjeux, l’objectif est que toutes ces mesures soient en vigueur dans le courant du premier trimestre 2006.
Les aides au logement sont de deux sortes :









