Une gouvernance plus ambitieuse au service d’une maîtrise sans précédent de la dépense publique. Un budget qui repose sur la volonté de bâtir une croissance forte, saine et durable…
Le débat sur l’orientation budgétaire pour 2008 a bien eu lieu le 16 juillet à l’Assemblée nationale et le 24 juillet 2007 au Sénat. Le Gouvernement, au travers de son ministre du budget, des comptes publics et de la fonction publique, Mr Eric Woerth, a présenté les grandes lignes du budget qui devrait servir ensuite de cadre à l’élaboration des projets de loi de finances et du projet de loi de financement de la sécurité sociale, pour 2008.
Ce débat d’orientation budgétaire fût donc l’occasion de réaffirmer l’orientation majeure de notre politique : revenir, par une maîtrise résolue des dépenses, à l’équilibre de nos comptes publics avant la fin de la législature, sans sacrifier aucun autre engagement.
Ces rendez-vous, auront permis aux députés et aux sénateurs de discuter de la stratégie économique et budgétaire du gouvernement, d’autant que le rapport du gouvernement qui a été remis englobe, outre les finances publiques proprement dites, l’ensemble des finances sociales, c’est-à-dire les dépenses d’assurance maladie, les prestations familiales, ainsi que les régimes des retraites.
Ce rapport préparatoire sur l’évolution de l’économie nationale et sur les orientations des finances publiques, publié par Eric WOERTH, évoque également « un nouveau pacte avec les collectivités territoriales », dont la disposition principale est la croissance zéro en volume.
Le rapport ajoute que ce changement d’indexation pose naturellement la question de l’évolution des dotations incluses dans le contrat, « voire aussi de celles qui évoluent aujourd’hui en dehors, en fonction de règles propres ». Pour 2007, le rapport indique que les transferts de l’Etat aux collectivités locales atteignent environ 88 milliards d’euros : l’impact d’une moindre augmentation de ces dotations est donc très sensible sur l’équilibre du budget général de l’Etat.
Ce rapport souligne encore que les dépenses locales représentent environ un cinquième des dépenses publiques totales et que les collectivités territoriales, globalement peu endettées, présentent une situation financière saine. Ainsi, en 2006, le déficit des administrations publiques locales s’élève à 0,25 % du PIB (2 % pour l’Etat et 0,3 % pour les administrations de sécurité sociale) et l’encours total de leur dette à seulement 7 % du PIB. Cette situation résulte en particulier d’un encadrement budgétaire et comptable strict, dont le rapport reconnaît qu’il est « fondamentalement vertueux ». Du fait de ce cadre et contrairement à l’Etat, les collectivités territoriales ont été amenées, au fil des lois de décentralisation, à financer le développement de leurs compétences par l’impôt plutôt que par l’endettement.
Le rapport insiste également sur le dynamisme des dépenses locales, « surtout imputable à l’évolution des dépenses de fonctionnement et de personnel, en particulier dans le secteur communal » : les dépenses de personnel ont augmenté de 100 % en euros constants en vingt ans et les effectifs locaux ont augmenté de 40 %.
Le rapprochement de ces deux chiffres éclaire parfaitement la pression exercée par ce poste sur les budgets locaux : si les collectivités peuvent, sous réserve des transferts directs et indirects de compétences, maîtriser leurs effectifs, elles n’ont à peu près aucune marge de manœuvre sur la masse salariale à effectif constant. Par exemple, en 2005, les effectifs des administrations locales ont augmenté de 1,5 %, mais les frais de personnel ont crû au total de 5,5 %.
A cet égard, le rapport du Gouvernement signale simplement que « l’Etat cherchera à mieux associer les collectivités territoriales à la définition de la politique d’évolution du point d’indice ». Le rapport ne mentionne pas, parallèlement à ce dynamisme des dépenses locales, l’importance majeure du secteur public local dans l’investissement en France : la formation brute de capital fixe (FBCF) des administrations publiques locales, qui correspond grosso modo à l’investissement des collectivités territoriales et de leurs groupements, s’élève à 43,5 milliards d’euros en 2006 et représente ainsi 72,4 % de l’investissement public et 11,9 % de la FBCF nationale (source : rapport de l’Observatoire des finances locales « Les finances des collectivités locales en 2007 - Etat des lieux », juillet 2007).
En contrepartie de la moindre évolution des concours de l’Etat, le rapport du Gouvernement aborde une question devenue centrale pour la gestion des collectivités territoriales, en proposant des marges de manœuvre accrues pour les collectivités dans l’exercice de leurs compétences et une meilleure association aux décisions les concernant, notamment dans l’élaboration et l’application des normes techniques et environnementales.
Pour cela, une « conférence nationale des exécutifs » sera mise en place ; elle veillera notamment à ce que l’activité normative du Gouvernement ne préempte pas la capacité d’action des acteurs publics locaux.
Enfin, le rapport souligne que la maîtrise des dépenses locales peut être favorisée par la diffusion des bonnes pratiques et de coûts standards.
Au total, le rapport préparatoire au débat d’orientation budgétaire annonce d’un côté un ralentissement de la progression des concours de l’Etat aux collectivités locales dès 2008 - ceux-ci ne devraient augmenter que du niveau de l’inflation - et envisage par ailleurs un certain nombre de chantiers, qui devraient permettre à terme d’améliorer les marges de manœuvre des collectivités dans la gestion quotidienne des services publics dont elles ont la charge.
Le Gouvernement s’est ensuite réuni le mardi 31 juillet 2007 en séminaire et à la demande du Premier ministre, pour préparer le projet de loi de finances 2008.
L’occasion pour François Fillon de rappeler aux ministres les priorités d’une véritable "stratégie économique". Le fil rouge du budget 2008 : bâtir une croissance forte, saine et durable.
Bâtir une croissance forte, fondée sur "deux instruments essentiels : la valorisation du travail et sa récompense". L’Etat y consacrera 10 milliards d’euros "pour booster l’économie française". La baisse du taux de chômage reste l’une des priorités du Gouvernement, l’objectif étant de le réduire à 5 % en 2012.
Une croissance saine bâtie sur le rétablissement des finances publiques. Rétablissement, qui, aux yeux du chef du Gouvernement, représente "la clé de la rupture économique". En 2008, l’Etat n’augmentera pas ses dépenses en volume.
Il est également prévu de ne remplacer qu’un fonctionnaire sur deux lors des départs en retraite. Seuls les domaines de la recherche et de l’enseignement supérieur, de la justice et de l’éducation nationale bénéficieront d’efforts financiers supplémentaires et consentis.
Ainsi, l’enseignement supérieur et la recherche verront leurs effectifs maintenus. Le secteur pénitentiaire devrait lui bénéficier de 1600 créations de postes et seuls deux enseignants sur trois seront remplacés "pour assurer la mise en place des projets personnalisés de réussite éducative et les devoirs encadrés".
La croissance durable, enfin, s’articule autour de trois ambitions : la réforme de l’Etat, engagée par la revue des politiques publiques, la réforme des prélèvements obligatoires et le rétablissement des comptes sociaux à travers la mise en œuvre de la franchise médicale et de la réforme des retraites. "C’est en libérant notre potentiel économique et en remettant de l’ordre dans nos dépenses publiques que nous allons placer la croissance et le plein emploi au coeur de notre pacte national" a conclu le Premier ministre.
Sources :









