Aujourd’hui, 66 % d’une classe d’âge obtient le baccalauréat contre moins de 26 % en 1980. Mais force est de constater que le lycée n’a pas encore atteint tous ses objectifs. Deux réalités pour s’en convaincre : chaque année, plus de 50 000 jeunes quittent définitivement le lycée sans le baccalauréat et un étudiant sur deux échoue en première année universitaire…
Conformément à l’ambition du Président de la République, le Gouvernement souhaite aujourd’hui réformer le lycée général et technologique, après avoir réformé le lycée professionnel.
Une orientation plus personnelle, progressive et continue, un accompagnement personnalisé tout au long de la scolarité, une ouverture plus grande du lycée sur son époque. Voilà les trois chantiers essentiels qui guident la présente réforme.
Les propositions qui vont vous être présentées ici s’appuient sur les résultats d’enquêtes conduites, depuis près d’un an, par l’ensemble des académies du ministère.

II Mieux accompagner chaque lycéen
III Mieux s’adapter à son époque
IV Les étapes de la réforme du lycée
Pour une orientation plus progressive
Aujourd’hui : L’orientation est brutale et définitive
L’orientation est trop souvent irréversible. Dès l’âge de 15 ans, pour la plupart des lycéens, le choix des enseignements de détermination, d’une voie ou d’une série enferme l’élève dans un parcours, sans véritable possibilité de changement.
Le redoublement est trop fréquemment l’unique réponse aux difficultés des lycéens.
À l’issue de la classe de seconde, près d’un élève sur cinq ne passe pas en classe de première : ils redoublent, sont réorientés ou quittent le lycée. Les lycéens sont privés de la seconde chance à laquelle ils doivent pouvoir prétendre.
L’orientation est source d’angoisse pour les élèves et les familles.
- Demain : Une orientation progressive et réversible
Dédramatiser l’orientation grâce à des corrections de trajectoire possibles aux moments clés de la scolarité.
Faire de la classe de seconde un vrai moment de détermination.
Réduire les redoublements, dans l’intérêt des élèves, chaque fois que c’est possible.
Pour une orientation plus ouverte
Aujourd’hui : L’orientation est trop élitiste
Il existe un grand déséquilibre entre les séries : 50 % des élèves de la voie générale choisissent la série scientifique (S) parce qu’elle offre un large accès à l’enseignement supérieur.
Paradoxalement, certaines formations scientifiques du supérieur connaissent des problèmes de recrutement.
Les débouchés des autres séries en termes de poursuite d’études et d’emploi ne sont pas suffisamment identifiés et valorisés.
Les séries sciences et technologies industrielles (S.T.I.) et de laboratoire (S.T.L.) et leurs programmes n’ont pas été rénovés depuis 1993.
Demain : Une orientation ouverte à tous les talents
Rééquilibrer les filières en diversifiant les voies d’excellence. Les talents sont multiples, les voies de la réussite doivent l’être aussi.
Rénover les séries technologiques (S.T.I. et S.T.L.) pour les rendre plus lisibles et mieux préparer les lycéens aux études supérieures.
Permettre à la série littéraire (L) d’offrir des débouchés plus ouverts vers les classes préparatoires et les études universitaires.
Pour une orientation plus juste
Aujourd’hui : L’orientation est subie
Aujourd’hui, en classe de seconde, un enfant d’ouvrier a cinq fois moins de chances d’arriver en classe préparatoire qu’un enfant issu d’un milieu favorisé.
Les dispositifs d’information sur les cursus de l’enseignement supérieur, les débouchés et l’insertion professionnelle sont à la fois insuffisants et complexes.
L’environnement social est discriminatoire pour le choix des parcours d’excellence : c’est l’orientation choisie pour les initiés et l’orientation subie pour les autres.
Les réalités de l’entreprise et du marché de l’emploi sont trop souvent méconnues.
Demain : Une orientation éclairée
Renforcer, notamment grâce aux nouvelles technologies, les dispositifs d’information pour une meilleure compréhension des cursus, des formations dans l’enseignement supérieur et des perspectives en termes d’emploi.
Permettre l’élaboration de projets d’orientation réfléchis grâce à un accompagnement personnalisé.
Multiplier les rencontres entre élèves et acteurs économiques pour une meilleure connaissance des métiers et des formations.
Permettre les corrections de trajectoire :
Toutes ces mesures permettront de découvrir de nouvelles disciplines et donc à la finale de mieux choisir son parcours.
Proposer aux élèves volontaires un sas de remise à niveau durant les vacances scolaires pour réduire les redoublements
Accompagner les élèves
Rééquilibrer les séries générales et technologiques
Pour tous, un accompagnement personnalisé
Aujourd’hui : Le lycée ne prend pas assez en considération les besoins de chaque élève
50 000 élèves quittent le lycée sans le baccalauréat, chaque année.
40 % des bacheliers ont redoublé au moins une fois au cours de leur scolarité.
50 % des étudiants échouent lors de leur première année universitaire, parce qu’ils n’ont pas acquis au lycée les méthodes de travail et l’autonomie nécessaires.
Pourtant, l’emploi du temps des lycéens français est, en moyenne, plus chargé de 25 % que dans les autres pays de l’O.C.D.E.
Demain : Un lycée qui accompagne chaque élève
Permettre à chaque lycéen de réussir et à chaque lycée d’être un lieu d’excellence.
Mettre en place un accompagnement personnalisé pour tous, de la seconde à la terminale, sans alourdir l’emploi du temps de l’élève, avec notamment les objectifs suivants :
Dans un cadre national réaffirmé, plus d’initiatives et de responsabilités
Aujourd’hui : L’organisation et la vie du lycée sont essentiellement définies au niveau central
Les équipes pédagogiques disposent de marges de manoeuvre insuffisantes pour atteindre les objectifs déterminés par les programmes nationaux.
Le lycée d’aujourd’hui est trop contraint pour permettre aux équipes pédagogiques de proposer une réponse adaptée aux besoins de chaque lycéen.
Demain : Un lycée qui laisse la place aux initiatives
Les objectifs, les programmes et les examens relèvent de la seule compétence nationale : ils restent nationaux. Ils doivent être garantis à tous les élèves, sur l’ensemble du territoire.
Dans ce cadre, les méthodes pour atteindre les objectifs et pour mettre en oeuvre les programmes nationaux doivent reposer sur la prise d’initiative, la responsabilité et la capacité d’innovation accrue des chefs d’établissement et des équipes pédagogiques.
Pour un lycée qui favorise l’apprentissage des langues étrangères.
Aujourd’hui : Les bacheliers maîtrisent mal les langues étrangères, notamment à l’oral.
Alors que les langues étrangères sont indispensables pour être un acteur du monde d’aujourd’hui.
Alors que les langues étrangères sont un des principaux critères de sélection pour accéder aux filières d’excellence et à l’emploi.
Alors que les langues étrangères sont indispensables pour les échanges scientifiques, culturels et professionnels.
Demain : Des bacheliers qui parlent les langues étrangères
Offrir aux lycéens une formation leur permettant de maîtriser tant à l’oral qu’à l’écrit au moins deux langues étrangères, dont l’anglais. Favoriser les échanges européens et internationaux.
Pour un lycée qui favorise l’accès à la culture
Aujourd’hui : Une ouverture inégale à la culture
Le lycée n’arrive pas à réduire les inégalités d’accès à la culture liées aux origines sociales.
Le cadre actuel du lycée ne favorise pas toujours le développement des projets culturels.
L’inégalité d’accès à la culture accentue les discriminations dans l’accès aux filières sélectives (classes préparatoires et concours d’accès aux grandes écoles).
Demain : Un accès plus large à la culture pour tous les lycéens.
Ouvrir davantage les lycées sur le monde de la culture.
Encourager les élèves à participer à la vie culturelle locale et nationale.
Pour un lycée qui favorise la responsabilisation des lycéens.
Aujourd’hui : Une formation insuffisante à la prise de responsabilité.
Les textes portant sur les droits et devoirs des lycéens (créer son association, tenir une réunion, publier un journal, etc.) ont été écrits il y a presque 20 ans.
La participation des lycéens à la vie de l’établissement n’est pas valorisée dans la scolarité.
Demain : Un apprentissage renforcé de la responsabilité.
Valoriser l’engagement et l’esprit d’initiative de chacun : monter et financer un projet, représenter ses pairs, s’associer aux prises de décision, etc.
Accroître le rôle des instances représentatives des lycéens (C.V.L.).
Mai 2009 Publication du rapport d’information de la commission des affaires culturelles, familiales et sociales sur la réforme du lycée, à la suite de la mission parlementaire de Benoist Apparu.
Juin 2009 Remise des "Préconisations sur la réforme du lycée" par Richard Descoings au Président de la République :
Une participation à la consultation de plus de 1 300 lycées.
Juillet 2009
Demande de Luc Chatel aux organisations syndicales, aux organisations lycéennes et aux représentants des parents d’élèves de formuler leurs propositions écrites sur la base des préconisations de Richard Descoings.
Septembre 2009
Rencontres avec les organisations syndicales, lycéennes et les représentants des parents d’élèves.
13 octobre 2009
Présentation des enjeux et des objectifs de la réforme du lycée par le Président de la République. Présentation du projet de réforme par le Ministre à l’occasion d’une session exceptionnelle du Conseil national de la vie lycéenne.
Octobre - Novembre 2009
Présentation du projet aux instances de concertation.
Septembre 2010
Mise en œuvre de la réforme de la classe de seconde.
Septembre 2011
Mise en œuvre de la réforme de la classe de première.
Septembre 2012
Mise en œuvre de la réforme de la classe de terminale.









