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Le référendum du 29 mai

Madame, Mademoiselle, Monsieur,

Dimanche 29 mai, vous êtes invités, par référendum, à donner votre avis sur le traité constitutionnel européen.

Depuis des semaines, les partisans du OUI comme ceux du NON avancent leurs arguments et malgré cela beaucoup de français sont encore indécis. Il m’a donc semblé utile de vous faire part de mon sentiment.


Le 29 mai prochain, je voterai OUI, sans enthousiasme excessif, mais sans état d’âme.

Je voterai OUI car je considère que les avantages apportés par ce traité l’emportent sur ses inconvénients. Ce texte n’est pas parfait, mais il possède deux qualités essentielles.

Tout d’abord, il permettra de faire fonctionner l’Europe des 25 de manière bien plus efficace que le traité de Nice et le poids de la France au sein des institutions sera renforcé.

Seconde qualité, ce traité met l’Europe sur les rails d’une union politique alors qu’elle n’est encore aujourd’hui, à bien des égards, qu’une zone de libre-échange. En 1992, à l’heure où le mur de Berlin venait de tomber et où l’organisation du monde issue de la seconde guerre mondiale éclatait, le traité de Maastricht ne nous proposait qu’une Europe des marchés financiers. C’est pourquoi j’avais alors voté NON. Si aujourd’hui je vote OUI c’est que ce traité constitutionnel donne enfin un souffle politique à l’Europe.

Nous devons faire l’Europe car notre indépendance, la sauvegarde de notre identité culturelle et de nos valeurs, aussi bien que la préservation de notre modèle économique et social en dépendent.

Pour que l’Europe pèse face aux grandes nations que sont les Etats-Unis, la Chine, l’Inde, la Russie, le Japon, elle doit s’en donner les moyens. Quels sont-ils ? Toute l’histoire du monde le démontre : une technologie de pointe, une économie forte, une puissance militaire.

Aujourd’hui, aucun pays européen ne peut prétendre bâtir seul ces trois piliers de l’indépendance. S’il ne fallait qu’une bonne raison de faire l’Europe, la voilà.

Cela ne signifie absolument pas que je sois favorable à une Europe fédérale sur le modèle américain. J’y suis totalement opposé car l’Europe, constituée de nations souvent millénaires, doit s’appuyer sur elles et non les dissoudre.

Si réaliser l’union de l’Europe c’est accepter de déléguer une partie de sa souveraineté sur des sujets maintenant clairement identifiés par ce traité, pour autant, cela ne signifie pas la disparition de la France en tant qu’Etat. Cette délégation de pouvoirs est certes un sacrifice, mais il faut bien prendre acte du fait qu’à l’échelle du monde d’aujourd’hui et plus encore de demain, seuls les grands ensembles auront la taille critique pour peser sur l’avenir de la planète.

Ne nous faisons aucune illusion, personne ne fera de cadeau à l’Europe. Le meilleur exemple en est certainement le cours volontairement sous-évalué du dollar qui résulte manifestement d’un accord entre la Chine et les Etats-Unis sur le dos des Européens.

Rejeter ce traité parce qu’il serait trop libéral pour les uns ou pas assez pour les autres, c’est se tromper de débat. Il est vrai qu’il existe aujourd’hui de grosses différences entre les 25 pays de l’Union et que cela est source de distorsion de concurrence et donc de difficultés. Mais ces différences disparaîtront d’autant plus vite que nous intégrerons les nouveaux pays. C’est ce qui s’est passé avec l’Espagne, le Portugal et l’Irlande. Comment aurions-nous pu refuser de tendre la main aux pays de l’Est qui sortaient de plus 50 années de dictature communiste ?

D’autres veulent utiliser ce référendum pour manifester leur mécontentement sur tel ou tel sujet de politique intérieure. C’est prendre le risque de retarder la construction de l’Europe et c’est à coup sûr affaiblir la France sur la scène internationale.

Notre pays a-t-il besoin de cela ?

Le Président de la République a eu raison d’interroger directement le peuple français plutôt que de choisir la voie de la ratification du traité par le Parlement comme certains le demandaient. On ne peut pas construire l’Europe contre la volonté des citoyens ; le peuple français doit maintenant répondre à la question qui lui est posée.

Pour ma part, je voterai OUI et je vous appelle à en faire autant.

Je vous invite à venir en débattre avec Madame Claudie HAIGNERE, Ministre déléguée aux Affaires Européennes lors d’une réunion publique :

JEUDI 26 MAI 2005
à 20h45
Salle de cinéma de l’Espace des Arts
Place Charles de Gaulle
Les Pavillons-sous-Bois

Dans l’attente de vous rencontrer lors de cette réunion, je vous prie de croire, Madame, Mademoiselle, Monsieur, à l’assurance de mes sentiments les meilleurs.

Philippe Dallier Sénateur-Maire des Pavillons-sous-Bois

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