J’interrogeais mardi 16 octobre, lors de la séance des Questions d’actualité au gouvernement, Monsieur Christophe Castaner nouveau ministre l’intérieur, au sujet de la mort d’un enfant de 13 ans aux Lilas le week-end dernier. Il n’est pas acceptable de voir la violence se développer, surtout chez les jeunes, dans notre département.

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Philippe Dallier. – Le week-end dernier, un gamin de 13 ans est mort en Seine-SaintDenis, roué de coups de barre de fer. Nous pensons à lui, à sa famille, mais notre compassion ne le ramènera pas à la vie. Je vous invite tous à vous poser la question : et si ce gamin avait été le vôtre ?

Si nous vivions sur ces territoires bientôt perdus de la République, serions-nous à l’abri ? Aboubacar va rejoindre la liste des jeunes victimes de la violence inouïe des rivalités de bandes, sur fond de trafic ou, comme ici, pour une peccadille. La violence ne s’arrête pas aux portes des écoles. Il y a un mois, au lycée Paul-Éluard, un gamin a été agressé à coups de marteau et de couteau. Monsieur le Premier ministre, le 26 septembre dernier, vous avez reçu les parlementaires de Seine-Saint-Denis. Tous vous ont décrit la même situation. Vous nous avez écoutés vous réclamer l’égalité républicaine, des mesures fortes en matière d’éducation, de police, de justice. Nous avez-vous entendus ? (Applaudissements sur les bancs des groupes Les Républicains et UC)

 

Christophe Castaner, ministre de l’intérieur. – D’abord, les faits. (Murmures à droite) Samedi 13 octobre, à 18 h 50, près du centre-ville des Lilas, un enfant est mort. (Exclamations à droite) Mieux vaut partir des faits plutôt que de se complaire dans la parole politique, mesdames et messieurs les sénateurs. Partir des faits, c’est attendre les résultats de l’enquête de la police judiciaire et de l’autopsie. Assumer les faits, c’est assumer la réalité en face. Avec Laurent Nunez, nous étions aux Lilas ce matin. L’ancien maire du Pré-Saint-Gervais nous a dit que cette guerre des bandes serait née d’une affaire de casquette. (Vifs mouvements sur de nombreux bancs à droite comme à gauche) Nous agissons à tous les niveaux : d’abord en mobilisant les services de renseignement. Il existe 92 bandes organisées, nous les connaissons. Il en existe d’autres, moins structurées. L’année dernière, il y a eu 218 affrontements. (Exclamations à droite) La deuxième réponse est judiciaire : trois jeunes ont été interpellés, deux ont été placés sous écrou. Troisième réponse : garantir la sécurité du quotidien sur la voie publique. Après les suppressions de 12 000 postes de police et gendarmerieJ (huées sur les bancs du groupe Les Républicains) nous nous sommes engagés à recruter 10 000 policiers supplémentaires.

 

 Philippe Dallier. – Je suis sidéré par votre réponse. Vous n’avez pas compris le sens de ma question ; je crains que vous n’ayez pas compris ce qui se passe dans ces territoires. (Applaudissements sur les bancs du groupe Les Républicains) Des visites ministérielles, nous en avons vu défiler, en Seine-Saint-Denis, et nous n’en pouvons plus ! Nous avons besoin de réponses. Ceux qui vivent dans ces territoires bientôt perdus de la République sont des Français comme les autres, l’État leur doit protection ! Comprenez-le, monsieur le ministre ! (Vifs applaudissements sur les bancs du groupe Les Républicains et UC ainsi que sur plusieurs bancs des groupes SOCR et CRCE)