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Tribune co-signée par Christian ESTROSI, Président de la Région Provence-Alpes-Côte-d’Azur, Renaud MUSELIER, Président délégué de la Région Provence-Alpes-Côte-d’Azur, Député européen, Jean ROTTNER, Maire de Mulhouse, Vice-président de la Région Grand-Est, Christian SAINT-ETIENNE, Philippe DALLIER, Sénateur Maire des Pavillons-sous-Bois, Président délégué du groupe LR au Sénat, Philippe VITTEL, Député du Var, Vice-président de la Région Provence-Alpes-Côte-d’Azur, Maël de CALAN, Conseiller départemental du finistère, Dominique BLUZET, Directeur de Théâtres, Maud FONTENOY, Navigatrice, Vice-présidente de la Région Provence-Alpes-Côte-d’Azur, Bernard ASSO, Avocat, Maître de conférences, Christian VALLAR, Professeur de droit, Doyen de la Faculté de droit et sciences politiques de Nice, Avocat, Xavier LATOUR, Vice-doyen de faculté, professeur de droit, Christian CHRESTIA, Avocat, Maître de conférences, Olivier GUERIN, Professeur de gérontologie, Vice-président du CNR Santé, Jean-David BENICHOU, Chef d’entreprise, Tahar SAIAH, Ancien Maitre de conférence.

Nous sommes à 36 jours d’une élection majeure pour notre pays: celle de la dernière chance. Les Français sont excédés par un quinquennat calamiteux qui aura été jalonné de renoncements et de trahisons. Le résultat aujourd’hui est accablant : 1 million de chômeurs supplémentaires, 90 milliards d’euros d’impôts en plus, une autorité de l’Etat qui est plus affaiblie que jamais et une sécurité menacée. Alors même que depuis 1958, à l’orée de chaque campagne présidentielle, les Français débattent des deux candidats qui auront à s’affronter au second tour, nous sommes dans une situation inédite. Pour la première fois dans l’histoire de la Ve République, la seule question que nous nous posons est de savoir qui affrontera la candidate du Front national dans le sprint final.

Ce terrible constat, c’est la réalité d’un échec. Celui de la gauche française qui, en trahissant toutes ses promesses, a fait le lit de l’extrême droite. Mais l’honnêteté impose de dire qu’en laissant le Front national et le clan Le Pen développer leurs arguments sans y répondre, en laissant s’installer le sentiment d’une dédiabolisation sans la contester, en permettant au Front national de capter un électorat populaire auquel nous ne parlons plus, l’ensemble des partis républicains a laissé le champ libre aux sirènes du populisme. C’est en partant de ce constat et parce que notre volonté d’alternance est aussi forte que les attentes des Français que, nous, hauts fonctionnaires, économistes, professeurs d’université, agriculteurs, artistes, entrepreneurs, élus, avons décidé de faire de ces 44 jours de campagne, 44 jours de combat.

Alors que personne n’a répondu à Madame Le Pen lorsqu’elle s’est rendue au Liban en refusant, par pure provocation, de respecter les coutumes des autorités religieuses locales, nous, nous dénonçons cette démagogie. Alors que personne n’a répondu à Madame Le Pen lorsqu’au salon international de l’agriculture, elle a défendu la suppression des aides européennes pour nos agriculteurs, nous, nous affirmons qu’il s’agirait d’un désastre économique, social et humain. Qui peut imaginer que nos agriculteurs vivront plus dignement en les privant de 7 milliards d’euros d’aides par an et en revenant au franc ce qui fera mécaniquement baisser leur pouvoir d’achat, déjà trop faible, de 30% comme le propose Madame Le Pen? Alors que personne n’a répondu à Madame Le Pen lorsqu’elle refuse de se rendre aux convocations de la justice et de la police dans les nombreuses affaires qui la concernent, nous, nous affirmons que c’est une pratique courante de ce parti. Par son comportement, la candidate d’extrême droite est en train de créer une jurisprudence Le Pen. Une jurisprudence dont des milliers de voyous pourront se réclamer demain!

Comment peut-on prétendre diriger notre pays lorsqu’on ne respecte pas les principes fondamentaux qui sont les nôtres? Comment peut-on se prétendre patriote lorsque l’on se nourrit de la désespérance des Français et que l’on fait commerce de la peur? Que l’on ne cesse de fracturer la société et d’opposer les Français les uns contre les autres. Les travailleurs contre les chômeurs. Les plus aisés contre les plus démunis. Les diplômés contre celles et ceux qui n’ont pas de diplôme! Face à ces comportements, c’est une immense colère qui monte chez les Français. Le sentiment qu’il existe des règles pour les citoyens et d’autres pour les Le Pen.

Cette colère, non seulement nous l’entendons mais nous la partageons. Notre devoir, est d’une part de proposer les réformes qui feront de l’avenir une espérance mais aussi de dénoncer la mascarade du Front national. Il y a urgence à dénoncer le coût économique, social, humain, du projet de Marine Le Pen. Nous voulons alerter les ouvriers, les artisans, les commerçants, les agriculteurs, les chefs d’entreprises, les retraités… Si vous portez Marine Le Pen au pouvoir, vous serez ruinés! Un week-end, Madame Le Pen viendra devant les Français pour leur expliquer que la situation dans laquelle est a plongé la France l’oblige à ponctionner 30% de l’épargne de chaque Français. Livret A, P.E.L, Assurance Vie, tout y passera. Une vie de labeur pour in fine payer les délires idéologiques de l’extrême-droite. Ce que nous propose Madame Le Pen, ce n’est ni plus ni moins qu’une expérience. Ce genre d’expérience dont on ne se relève pas. Mais la France et les Français ce ne sont pas des rats de laboratoire!

Il y a urgence à dénoncer la menace que ferait peser sur l’influence française dans le monde la proposition de Marine Le Pen de sortir de l’Europe. Quelle crédibilité auront nous face à l’Amérique de Trump, à la Russie de Poutine, à la Chine de Xi Jinping si la France s’isole? Nous plaidons collectivement pour une Europe politique où chacun conserve sa souveraineté et son identité nationales. Réformer l’Europe de fond en comble oui, en sortir jamais! Il faut construire l’Europe de la proximité, l’expliquer aux Français, faire en sorte de rendre le pouvoir aux nations et à leurs peuples. Gardons-nous en revanche de céder à la facilité car l’Europe ça sert si on s’en sert! L’Europe est devenue le faux alibi des lâches et des conservateurs, Madame Le Pen en tête. De celles et ceux qui n’ont aucun intérêt à ce que nous amorcions le redressement national.

Il y a urgence à sonner le tocsin et à dire que le Front national, ce n’est pas l’alternance mais l’outrance, que le Front national n’est ni républicain ni patriote. Nous entendons lever le voile sur l’imposture frontiste, sur la mascarade Le Pen et combattre sans relâche celles et ceux qui ne sont, ni plus ni moins, que les fossoyeurs de la grandeur d’une nation séculaire que nous aimons avec passion.

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