Les maires insatisfaits de la carte des territoires ont vivement exprimé leur mécontentement jeudi 16 juillet en fin d’après midi lors d’un conseil des élus de la mission de préfiguration de la métropole du Grand Paris sous haute tension.

« Je n’avais jamais vu ça », confiait un chargé de mission à la sortie d’un conseil des élus de la mission de préfiguration de la métropole du Grand Paris tumultueux, qui s’est tenu jeudi 16 juillet 2015. Au menu de ce conseil de fin d’année, agité donc, la carte des territoires de la métropole, ces Etablissements publics territoriaux (EPT), intercos d’au moins 300 000 habitants qui verront le jour au 1er janvier 2016 dans une petite couronne où 30 % des communes n’appartiennent encore à aucune intercommunalité.

Or ces territoires, dont la mission a présenté vendredi 10 juillet une nouvelle carte, fruit de la concertation qui a eu lieu au cours du mois de juin à ce sujet avec les maires, ne font pas l’unanimité. En l’espèce, trois périmètres créent toujours de fortes tensions :

- celui de la boucle nord des Hauts-de-Seine, où 13 maires, réunis au sein de l’association des maires pour la création du territoire de la grande boucle de la Seine, souhaitent, Patrick Ollier en tête, créer un territoire de près d’un million d’habitants, que l’Etat entend diviser en deux ;

- celui de l’association des collectivités territoriales de l’Est parisien (Actep), autour du bois de Vincennes, que le préfet de région veut également partitionner, rattachant les trois communes de Seine-Saint-Denis qui font partie aujourd’hui de l’Actep au territoire de Clichy-Montfermeil ;

- celui du sud de Paris, où la décision de l’Etat de scinder Valenton et Villeneuve Saint-Georges du territoire formé par les communes de l’OIN Seine Amont provoque la colère des maires des communes membres de la Casa.

Dans ce contexte, Patrick Devedjian a donné le ton du conseil en confiant sa déception face à l’attitude du préfet Carenco. Pour le président de Paris métropole, le préfet de région n’a pas tenu sa promesse de se faire, auprès du gouvernement, le porte-parole des élus franciliens.

« Charcuter les territoires »

Puis, dans une ambiance électrique, de nombreux élus des trois territoires qui fâchent ont pris la parole pour dénoncer la volonté de l’Etat d’imposer ses vues.

« Il n’est pas possible de nier le travail de concertation mené par la mission », a déclaré le préfet Carenco. « Vous charcutez les territoires », lui a répondu un élu, le préfet le priant alors de s’exprimer avec plus de respect vis-à-vis « du représentant de la République ». Ambiance. François Lucas, préfet, qui dirige la mission de préfiguration, a indiqué qu’il pourrait à nouveau, à la rentrée, rencontrer les élus pour débattre de ces périmètres.

Plusieurs élus, dont Daniel Guiraud, maire (PS) des Lilas, ou Olivier Klein, maire (PS) de Clichy, ont pris la parole pour dire, au contraire, que leur territoire leur convenait.

Philippe Dallier, sénateur-maire (LR) des Pavillons-sous-Bois, a indiqué que l’on n’en serait pas là si des choix plus clairs avaient été effectués concernant la suppression des départements, pour laquelle il milite depuis des années, en particulier.

Dans une atmosphère tendue, Alexis Bachelay, député (PS) des Hauts-de-Seine, et Luc Carvounas, sénateur (PS) du Val-de-Marne, ont rappelé également, en substance, que l’histoire de l’Ile-de-France, avec le fait qu’un tiers des villes demeurent aujourd’hui isolées alors que l’ensemble des communes de France sont membres de groupements de communes, explique au moins en partie ces crispations.

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